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La solitude des dev PHP dans les écoles du Web

Oct, 2019

Lecture en 6 minutes

Mais pourquoi donc les développeurs PHP si sont si rares dans les écoles du Web d'aujourd'hui ?

La solitude des dev PHP dans les écoles du Web

Vois-tu, j’entre cette année en 1ere année de Master. J’ai donc derrière moi, trois années d’études dans le milieu de l’informatique, de la programmation et du web. Et… forcé de constater, dans certaines formations, le PHP est aujourd’hui fortement délaissé au dépend de JavaScript et de ces différentes utilisations.

Évidemment ce n’est pas une généralité, d’ailleurs c’est uniquement dans les formations privées que c’est le cas, mais bien sûr ce sont en général les formations les plus professionnalisante. Au contraire dans l’enseignement public, en BTS, DUT ou en Licence, le PHP garde bonne réputation et sert encore aujourd’hui de “premier langage de programmation web” pour les futurs développeurs.

Cela m’a fait donc me poser de nombreuses questions à ce propos… Et si tu te les poses aussi, je vais essayer d’y répondre.

L’effet de mode

Évidemment quand on parle de Node.js on est obligé de parler de son explosion, cette technologie est passée, en 10 ans, d’inexistante aux “Must Know” du développeur branché. Bon je ne vais pas être de mauvaise fois, il y a des raisons et Node à ces avantages mais est-ce que cela justifie un tel engouement ? (Oui surement).

Le point intéressant pour notre sujet c’est, je pense, que Node.js a très rapidement eu une réputation de technologie “Cool et moderne”. De là , toute Startup ou agence se lançant sur le marché et qui avait besoin de montrer qu’elle était “jeune et dynamique” se lançait directement sur Node.js (en fait Macron c’est un président asynchrone?).

Attention, ne me fais pas dire ce que j’ai pas dit, Node est très performant et il a ses avantages, ses cas d’utilisations, comme toutes les technologie et les langages. Mais je suis persuadé que de nombreuses jeunes boites ont décidées assez arbitrairement de construire leur stack autour de Node.

Évidement les développeurs eux même ont suivis cette mode. À cette époque je codais mes toutes premières lignes en C++ donc j’étais encore loin du Web…

Mais j’imagine que n’importe quel développeur, voyant cette chimère permettant de faire du JavaScript coté serveur arrivée vers lui, s’est senti pousser des ailes et que la plupart, consciemment ou non, ont compris que cette technologie ferait partie intégrante du paysage Web dans les années futures. (Bonne pioche)

On se retrouve donc avec de plus en plus de développeurs curieux face à une nouvelle technologie et un marché de l’emploi ou Node fleurit comme les marguerites dans le jardin de ma grand mère….

S’adapter au marché

Et c’est qu’entre en jeux les écoles du Web. Pour n’importe qu’elle école spécialisée dans le Web, son but c’est de faire de l’argent. On va pas se mentir hein, je citerai aucun nom et je critiquerai même pas ce système car il ne me choque pas vraiment. Car justement, pour faire beaucoup d’argent, il doivent forger de bons développeurs, de bons développeurs qui rendront heureux les employeurs qui eux même donneront de la valeur aux diplômes et surtout à l’école.

Et donc pour ça, ces écoles doivent s’adapter au marché. Chose évidement très complexe dans un monde ou le Web est plus indécis qu’un chat devant une porte.

Mais en vérité elles s’en sortent pas trop mal, mais cela à des conséquences et suivre “la tendance générale” est toujours plus simple que d’adapter un programme de trois ans chaque années en fonction des fluctuations du marché.

Du coup, dans la plupart de ces formations on se retrouve avec quelques cours de PHP, un peu forcés, souvent “bourre crane” et qui arrivent rarement à trouver leur public malgré la forte présence de PHP sur le marché. Puis viens ensuite des cours de JavaScript, de React, de Node.js et là, les futurs développeurs y voit une échappatoire au PHP. On se retrouve donc avec 34 des dev des promotions spécialisés en JS, front ou back et avec un tout petit échantillon préférant le PHP et se faisant honteusement discriminer par les autres (non, j’ai absolument aucun traumatisme)

De toutes ces choses nait un triptyque infernal provoquant lui même un cercle vicieux :

Le marché recherche du JS alors les écoles forment du JS donc les Dev pensent que le JS est indispensable et donc lancent des entreprises et recherchent du JS.

Et le public dans tout ça ?

À vrai dire, je ne sais pas réellement pourquoi les formations publiques insistent moins sur le JavaScript que les privées. On pourrait facilement penser que c’est car les programmes sont réalisés par des vieux de la vieille qui sont, pour la plupart pas des développeurs mais bien des ingénieurs qui eux sont beaucoup moins enclins à suivre une tendance, du moins pas sur des laps de temps aussi court.

Mais soyons honnête on ne sait pas vraiment et il est impossible de savoir aujourd’hui si c’est le bon choix ou non. Ni même de savoir lequel des deux types de formations créera les meilleurs développeurs sur le long terme. Tout ce qui est sur, c’est que cela offre un éventail de possibilités à l’étudiant et surtout une alternative aux formations privées qui sont presque toujours payantes, du moins les première années (on en reparlera dans un futur article).

Conclusion

On sait que la place du Javascript dans le marché des développeur et son expansion continuelle est du à un cercle vicieux entre les écoles, les développeurs et la mode.. Mais après tout est-ce que c’est grave ?

Non.

Ce sont, je pense, deux facettes d’une même pièce et il me semble normal aujourd’hui de dire qu’une formation ne doit pas tant nous apprendre un langage ou une techno, mais bien nous apprendre des méthodologies, des bons reflexes et une gymnastique d’esprit qui permettront au développeur d’apprendre tout au long de sa carrière.

Le marché changera, encore et encore. Le JavaScript sera un jour considéré comme un langage pré-historique et ce jour là quelqu’un se posera les mêmes questions que moi aujourd’hui, mais avec d’autres langages. Dans un milieu évoluant aussi vite que le notre, la véritable valeur d’un dev n’est pas le nombre de langages qu’il maitrise ni même son langage de prédilection mais plutôt sa curiosité et son envie de découvrir de nouvelles technologies.

Et oui, malheureusement, on ne peut s’empêcher d’avoir un langage favori. On peut donc, comme moi, être spécialisé PHP, se retrouver entouré de développeur Javascript et donc… Se sentir un peu seul.

Mais il faut rester conscient qu’aucun langage n’a réellement plus de valeur qu’un autre, ils ont tous leurs avantages, leurs inconvénients et leurs cas d’utilisations.

La vraie force d’un dev c’est de savoir jongler avec ces langages et technologies en fonction de ses besoins, pas de connaitre sur le bout des doigts le langage le plus tendance ou le plus compliqué.

J’en profite pour vous conseiller cet article qui parle justement de la haine qu’on certain développeurs envers PHP et qui essaie de debunker certaines croyances.




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